Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

Rose d’Amblard, Marquise de Villeneuve
Noblesse et bourgeoisie à Saint-Pons à la fin de l’Ancien Régime

Bourgeoisie et noblesse: redorer son blason

Saint-Pons est une petite ville où les Amblard représentent la bourgeoisie aisée. M. Amblard, père de Rose, était propriétaire de la manufacture royale de Saint-Pons. De digne bourgeoisie, ayant d’ailleurs épousé une jeune fille de la noblesse locale Monique de Treil de Pardailhan, il aspirait à l’anoblissement (…).
Il était donc M d’Amblard, considérable et considéré, quand il donna la main de sa fille au Marquis Jean de Villeneuve,ce qui le fit cousiner avec les meilleures familles languedociennes.

Régiment de Bourbon-Infanterie
Jean de Villeneuve capitaine au régiment de Bourbon, quitta alors le sombre petit castel du Croizillat, où resta son aîné, pour s’installer dans la confortable demeure de son beau-père à Saint-Pons.

Les salons de Saint-Pons !

Toute une vie mondaine frétillait dans ces petites villes. Des familles d’excellente compagnie avaient hôtels à Saint-Pons ; elles se déversaient, avec toute une gentilhommerie des environs, dans le salon tendu de brocatelle des d’Amblard.
Et surtout, il y avait Rose d’Amblard, devenue Rose de Villeneuve, jeune et belle comme un matin de printemps, vive et gracieuse naturellement faite pour son rôle nouveau.
Les Villeneuve faisaient de fréquents séjours à Toulouse où Rose, qui y fut pensionnaire, renouait connaissance avec les amies de son enfance, qui maintenant tenaient dans la ville des capitouls le haut du pavé.

Le château d’Hauterive

Puis deux garçons leur étant nés, ils songèrent à enraciner la nouvelle branche de la famille en quelque château de la région, où elle se stabiliserait. Ils jetèrent leur dévolu sur Hauterive à six kilomètres de Castres, manoir féodal sur les bords du Thoré, flanqué de quatre tours, à la façade ornée de six écussons taillés dans la pierre et auxquels s’ajouta celui des Villeneuve.

le château d'Hauterive, près de Castres: le porche d'entrée aux armes des Villeneuve


Les honneurs de la Cour

Rose de Villeneuve, avec la pétillante ardeur qu’elle apportait à tout , s’empressait à redoubler l’éclat du nom. Quel émoi quand elle prit connaissance d’une ordonnance royale, qui conférait aux familles, dont les titres de noblesse remontaient à 1400, le privilège de monter dans les carrosses du roi et d’être admises aux honneurs de la Cour !
Ce n’était pas une petite affaire ; il y fallait une impressionnante continuité de parchemins, constituant une preuve imbattable.

Il était de tradition villageoise, disait-on, qu’en des temps anciens, des recherches nocturnes furent faites, avec le plus grand mystère dans le pigeonnier du château de La Croizille ; des fouilles sont faites par Rose, un coffre ferré est découvert bourré de parchemins. Toutes les lacunes sont comblées.

Le voyage à Paris

Les documents doivent être compulsés étudiés à Paris par le généalogiste Chérin. Qu’à cela ne tienne, Rose ira à Paris, accompagné de son mari. Cela signifie un voyage de quinze jours, deux cents lieux en voiture de poste, dans l’encombrement des malles pleines des précieux papiers, de lourdes dépenses à prévoir qui obligeront à vendre quelques terres ; De telles perspectives laissent M. de Villeneuve sans entrain, mais comment résister à sa jeune femme ? Il décide la grande aventure, et pour la société de Saint-Pons, c’est un évenement …on se presse chez les Villeneuve, on les envie, on les félicite .


La famille de Villeneuve, admise aux honneurs de la Cour, à Versailles


Le séjour à Paris dure deux ans. [ La marquise et le marquis de Villeneuve sont présents au mariage de leur cousin germain Thomas-François de Treil de Pardailhan avec Charlotte Gautier de Vinfrais à Villejuif près de Paris, et à la signature du contrat de mariage en 1782].

Quand les Villeneuve regagnent Saint-Pons et Hauterive, non seulement des meubles, des parures les suivent mais encore et surtout les trois garçons sont nantis :
L’aîné Maurice est assuré d’entrer dans un beau régiment, le second Louis, en 1768, doit intégrer la marine royale. Le troisième François, en 1774, est envoyé dès l’âge de neuf ans au collège de Juilly qui en fera un abbé, le traditionnel abbé que l’on recrute chez les cadets.

La Révolution change leurs destins.

D’après « Emilie de Villeneuve » de Gaëtan Bernoville :


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