Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

Mgr Pouderous, évêque constitutionnel de l'Hérault
dernier curé de Saint-Martin-du-Jaur

Dominique Pouderous est né à Villeneuve-les -Béziers, en 1721.
Pendant 35 ans, jusqu'à la Révolution, il est vicaire puis curé de la paroisse de Saint-Pons-de-Thomières (église paroissiale Saint-Martin-du-Jaur).
Le chapitre cathédral de Saint-Pons est curé primitif de Saint-Martin-du-Jaur, et ce sont donc les chanoines qui touchent l'essentiel des revenus de la cure.Le curé Pouderous est réduit à "la portion congrue", comme une large part du bas-clergé à la fin de l'Ancien Régime
Par ailleurs, les plus importantes ou les plus riches des cérémonies se déroulent à la cathédrale, où officient les chanoines, et non à l'église paroissiale de Saint-Pons.
Il est facile d'imaginer les sentiments de Pouderous, alors que débute la Révolution. Le bas-clergé est profondemment réformiste et demande un retour aux principes de l'Eglise primitive.

Lors de la préparation des Etats-généraux de 1789, le clergé de la sénéchaussée se réunit à Béziers au mois de mars.Le curé Pouderous, nommé commissaire pour la rédaction des cahiers de doléances, se prononce pour la réunion des trois ordres; il s'oppose à son évêque de Bruyères-Chalabre et à l' archidiacre Treil de Pardailhan, qui protestent et quittent l'assemblée.


Pouderous refuse toutefois d'être député du clergé, arguant de ses infirmités et de son âge.


L'Assemblée Constituante,issue des Etats-généraux, proclame en juillet 1790 la Constitution civile du clergé qui réorganise l'Eglise de France. Alors que les biens de l'Eglise ont été nationalisés, les évêques et les curés deviennent des fonctionnaires élus et doivent prêter serment.


Pouderous accepte avec enthousiasme la Constitution civile du clergé ; Il proclame même son attachement à la nouvelle organisation de l’Eglise devant ses paroissiens de Saint-Pons en février 1791 :
« Pourquoi donc tant d’étonnement et d’effervescence, tant de murmures et de plaintes, même dans quelques uns d’entre vous ? quand il ne s'agit que de confirmer un engagement déjà pris (…) Mais y a-t-il dans les décrets, rien de contraire à la foi, aux dogmes, à la morale et même à l’antique et essentielle discipline, dont on y voit au contraire un désirable rapprochement ? Portent-ils, ces décrets la moindre autorité spirituelle de l’Eglise ? Ils se bornent à une organisation civile et politique du Clergé sans toucher à l’enseignement et à la propagation de la doctrine, ni à l’administration des sacrements.»

Quelques jours plus tard, le 3 mars 1791, le curé Pouderous est désigné par l’assemblée électorale de l’Hérault évêque du département, succédant aux évêques de Montpellier, Lodève, Saint-Pons, Béziers.

Il est sacré évêque à Notre-Dame de Paris le 3 avril 1791.

L'évêché et la cathédrale de Béziers, siège de l'évêque constitutionnel Pouderous


Son installation le 17 avril à Béziers par les administrateurs du département donne lieu à un déploiement de forces armées qui vaut à Pouderous le surnom d'"Ebesqué de las bayonnettas".

C'est à cette époque que le pape Pie VI juge la Constitution civile du clergé hérétique et schismatique et déclare l'élection des évêques constitutionnels nulle et sacrilège.
Le clergé est profondémment divisé entre jureurs et réfractaires.

Dès le 5 avril, l’ancien évêque de Montpellier Mgr de Malide a protesté: «Nous ne cesserons pas de nous regarder comme évêque de tout le territoire que forme le diocèse de Montpellier. Notre titre est irrévocable … Nous déclarons que M. Poudérous est intrus, parce qu’il n’a pas été ni élu, ni confirmé canoniquement, qu’il ne tient son titre que d’une assemblée civile».

Mgr Poudérous exerce son autorité épiscopale jusqu’en 1793, dans des conditions de plus en plus difficiles. Il visite au cours de ces années les paroisses du département, souvent accompagné de la force armée, alors que la répression contre les prêtres réfractaires entraine emprisonnements et déportations.

Libelle contre l'Evêque constitutionnel Poudérous


« En, 1794, commençe l’orage » écrit-il . Sous la Terreur, les églises sont fermées au culte constitutionnel et souvent transformées en Temple de la Raison… Un décret d’août 1794, oblige les prêtres à se retirer dans leur pays natal ; L’évêque constitutionnel rejoint alors Villeneuve-les-Béziers. « J’allai à Villeneuve pour m’enfermer conformément à la loi.».

Par la loi du 3 ventose an III (27 février 1795), après la chute de Robespierre, la Convention proclame la liberté des cultes. Mgr Poudérous se déplace alors à Saint-Pons-de-Thomières pour le Jeudi Saint. et semble séjourner dans cette ville plusieurs mois : le clergé y est majoritairement «jureur» et la population favorable (voir le district de St-Pons en 1795).
Dominique Poudérous travaille ensuite à la réorganisation de l’Eglise constitutionnelle, prépare le concile national de 1797 et correspond avec l’évêque Grégoire. Il réunit un synode diocésain en 1798, alors qu'il est déjà très affaibli par une première attaque cérébrale. Une seconde attaque cérébrale le rend grabataire vers septembre 98.
Mgr Dominique Poudérous, évêque constitutionnel de l’Hérault, meurt à Béziers le 10 avril 1799.

Son successeur éphémère (de 1799 à 1801) est le vicaire épiscopal Victor Rouanet, ancien professeur de theologie et supérieur du collège de Saint-Pons-de-Thomières.


En savoir plus: lire le livre de raisons de Mgr Poudérous

[ACCUEIL DU SITE] [E-MAIL] [GITE DE CHARME DANS L'HERAULT] [TREIL DE PARDAILHAN]