Histoires de Saint-Pons-de-Thomières et du Saint-Ponais

Le chevalier Joseph de Planque
(1736-1793)

Le chevalier de Planque, hobereau des montagnes du Somail, est en 1736, à La Salvetat.
Il est apparenté à la petite noblesse locale de La Salvetat et de Lacaune, notamment par sa mère Madeleine de Cabrol de Grualgues, d’une famille particulièrement prolifique.
Militaire, il accède au grade de capitaine d’infanterie au Régiment de Navarre vers 1770.
Détenteur de quelques droits seigneuriaux à Fraïsse (où il possède un modeste champ), il s’intitule «seigneur de Fraïsse» (Fraïsse-sur-Agout).


Le village de Fraisse-sur-Agout, aujourd'hui

En 1775, il épouse Monique de Treil de Pardailhan, le fille du baron de Pardailhan ; le mariage n’est pas heureux (20 ans de différence d'âge) et le couple n’aura pas d’enfants.
Après son mariage, le chevalier abandonne la vie de garnison et achète en 1777 l'office de lieutenant des Maréchaux de France, à Saint-Pons. Cette curieuse fonction l’amène notamment à trancher les différents entre les nobles ou militaires, particulièrement sur les questions d’honneur. Il reçoit à cette époque la croix de chevalier de Saint-Louis (décoration récompensant vingt ans de services).

Insigne de Lieutenant des Maréchaux de France

Profondément inséré dans la vie locale, le chevalier de Planque vit parfois à Saint-Pons, où il possède une maison. Il est plus souvent à La Salvetat sa résidence habituelle, d’où il gère un domaine foncier relativement important : les métairies du Crouzet et du Couffignet, ainsi qu’au Soulié celles de Caudezaures et La Poussine. A la fin de l’Ancien Régime il est le plus fort imposé de la communauté de La Salvetat.
Il s’intéresse d’ailleurs à la gestion de La Salvetat : il est délégué pour l’administration des impôts à l’assiette du diocèse de Saint-Pons. Il est chargé d’un projet de construction de route entre le pont sur l’Agout et la Porte Neuve. En 1787 et 1789, il est premier consul de la communauté de La Salvetat.

Lors de la convocation des Etats-généraux, il est représenté dans les rangs de la noblesse à l’assemblée de la sénéchaussée de Béziers.
En 1790, il est élu commandant de la garde nationale de La Salvetat. Mais il est fermement opposé à la Révolution, et il émigre à la fin de 1790, accompagné de son domestique et rejoint l’armée des Princes. Il rentre une quinzaine de jours en France en décembre 1791, probablement pour régler ses affaires. Le 31 juillet 1792, il se rappelle au souvenir de la municipalité de La Salvetat en lui adressant un courrier provocateur daté de Trèves. Il envoie notamment la copie du manifeste du duc de Brunswick qui menace la France de représailles "s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale".


Manifeste du Duc de Brunswick

Les biens du chevalier sont confisqués, en tant qu’émigré puis mis en vente aux enchères en 1792. Il est décédé à l’hôpital de Belfort le 3 juillet 1793.

Avec mes remerciements à Josiane Febvret, pour ses recherches concernant les archives de Joseph de Planque


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