Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

Mgr Pierre-Jean-François Percin de Montgaillard
L'évêque janséniste de Saint-Pons (de 1664 à 1713)

Blason de Mgr Percin de Montgaillard Pierre-Jean-François de Percin de Montgaillard est né au château de Montgaillard le 29 mars 1633, issu d'une famille demeurant en Gascogne.

Docteur en Sorbonne, et abbé de Saint-Marcel au diocèse de Cahors, il est promu à l'évêché de Saint-Pons en avril 1664, succédant à Mgr Tuboeuf.

Mgr Percin de Montgaillard est sans aucun doute l'évêque de Saint-Pons le plus remarquable. Son long épiscopat est marqué par les réalisations charitables qu'il entreprend dans son diocèse, par les idées jansénistes qu'il défend vigoureusement et sans relâche dans le royaume et contre le pape, et enfin par son opposition aux violences faites aux protestants par les armées du roi, ce qui lui vaut l'hostilité de Louis XIV.

Dans son diocèse, Mgr Percin de Montgaillard est estimé par ses contemporains comme "le modèle des évêques et comme l'abrégé de toutes les vertus qui leur conviennent" (Gallia christania).
Il reconstruit de ses propres deniers l' hôpital de Saint-Pons et réforme son fonctionnement. Il fonde le collège et le séminaire de Saint-Pons, restaure les bâtiments de l'évêché.

En revanche, il ne parvient pas à s'entendre avec le chapitre de Saint-Pons pour reconstruire le choeur de la cathédrale, jamais achevé, et en partie détruit lors de l' occupation de la ville par les protestants en 1567.

A Saint-Chinian, il s'occupe également de l'administration de l'hôpital, de l'agrandissement de l'église paroissiale; il achète à la famille de Feynes le château, où il réside et qu'il transmet à ses successeurs.

Mgr Percin de Montgaillard est considéré comme un janséniste convaincu.
Pendant sa jeunesse, durant son séjour à Paris et ses études en Sorbonne, il s'est rapproché des jansénistes.

Durant son long épiscopat, il défend par de nombreux écrits les doctrines jansénistes, mais il le fait le plus souvent de façon indirecte et toujours prudemment.

En 1679, lorsque le pouvoir civil supprime le noviciat de Port-Royal (tenu par les jansénistes), Mgr de Montgaillard témoigne son soutien à la Mère Abbesse Angélique .

Plus tard le 6 avril 1708 parait la bulle du pape Clément XI qui supprime Port-Royal des Champs et qui entraine sa démolition .
Mgr de Montgaillard écrit alors dans une lettre personnelle : "L'on est venu à bout de démolir un maison qui avait été dans le siècle précédent le modèle des religieuses les plus saintes et où plusieurs personnes distinguées par leur naissance ou par leur mérite avait fait revivre l'ardeur des premiers siècles".

Toutefois à la fin de sa vie, en 1711, il parait rejetter le jansénisme et écrit notamment au pape "je le prononce cet anathème nommément contre les propositions de Jansenius".
Pourtant il semble qu'il ait accueilli jusqu'aux derniers jours, au château de Saint-Chinian un disciple des Solitaires de Port-Royal M. de Champlain, surnommé frère Bernard, qui sera même son héritier.

Après la révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, l'évêque de Saint-Pons s'élève également contre la répression des protestants. Il s'oppose aux conversions forcées de protestants dans son diocèse (voir la situation dans le Saint-Ponais à cette période).
"Le Roy a ésté adverti que M. l'évêque de St-Pons n'a point voulu se servir de troupes pour obliger les religionnaires de son diocèse à se convertir."

Château de l'évêque à Saint-Chinian

Plus tard il s'inquiète des violences contre les réformés dans les Cévennes : Ainsi lors de l'assemblée des Etats du Languedoc, en 1702, il proteste contre "la rigueur qu'on exerçait envers les revoltez hugenotz en grand nombre dans les Cévennes", en indiquant "qu'il falloit en agir d'une autre manière".

Pour toutes ces raisons, Louis XIV ne l'apprécie pas et dit de lui : "Il est d'une sorte de gens qui ne me plaisent pas [...] Je trouve toujours cet homme là en mon chemin lorsqu'il s'agit de mon service" . Il s'ensuit plusieurs lettres de cachets, interdisant à l'évêque de sortir du diocèse et de présider certaines assemblées.

Mgr Percin de Montgaillard est décédé dans son château de Saint-Chinian le 13 mars 1713.
Il avait par son testament institué pour ses héritiers universels les hôpitaux de Saint-Pons et de La Salvetat.

"Un saint et grand évêque mourut en ce temps-ci, Montgaillard, évêque de Saint-Pons, que ses vertus épiscopales, son grand savoir, une constante résidence de plus de quarante années, une vie tout apostolique, une patience humble, courageuse, prudente, invincible avaient singulièrement illustré sous la persécution des jésuites qui y engagèrent le roi pendant presque tout son épiscopat." (Mémoires du duc de Saint-Simon)

Mgr de Crillon, un très jeune évêque lui succède.

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