Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

Discours de Pierre Laffont de Savigné, maire d'Olonzac
devant l'assemblée communale, le 1er février 1789


Le 1er février 1789, au sein de l'assemblée communale d'Olonzac, le maire Pierre Lafont de Savigne, prononce un discours revendicatif, sur l'organisation des Etats de Languedoc, mais aussi sur les dépenses de l'Etat.

Le cri universel de toutes les villes de la province pour la liberté patriotique nous invite à réclamer nos droits et nos privilèges;
comme citoyens et sujets nous devons à notre patrie tout ce que nous sommes et tout ce que nous possédons;
unis par le doux lien d'un intérêt réciproque, nous ne sommes qu'un peuple, une famille et un corps politique sous un Roy, un père et un chef qui communique la vie à tous ses membres;
la Liberté qui découle de cette association, toujours soumise à l'autorité de notre sage monarque, en est la base, l'âme et le ressort;

par la constitution particulière de cette province, chaque individu étant portionnaire de l'administration, les députés à l'assemblée qui la représente doivent être librement élus par tout le corps;
contre le droit accordé à l'universalité par la nature et le contrat primordial, les prélats qui n'ont aucun intérêt dans l'affaire commune et d'autre titre que leur siège, les barons, toujours les mêmes, n'ayant d'autre mission que leurs fiefs auxquels ils appliquent arbitrairement leurs prérogatives et leurs privilèges, un Tiers Etat député en vertu des charges et des offices et toujours réduit au silence par les deux premiers ordres, ne peuvent pas représenter régulièrement la province dans l'assemblée annuelle fournie pour régler cette administration dont la base doit être la liberté des suffrages et la règle, la justice de la répartition.

Malgré cette liberté naturelle, l'auguste souverain, que l'Etre suprême a établi sur nous, à sa place, a un droit incontestable à nos hommages et à nos fortunes, parce qu'il nous gouverne par sa sagesse, que par ses soins et sa prévoyance nous jouissons tranquillement de nos vies et de nos biens et qu'il a pour nous la sollicitude d'un tendre père, mais qu'après que nous avons fait le sacrifice volontaire de nos facultés au bien de l'Etat, et à la gloire du plus bienfaisant des Roys, il n'est pas juste que pour des dépenses de faste et de luxe, pour des dons et des gratifications immenses, nous soyons accablés d'impôts domestiques ! ."

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