Histoires de Saint-Pons-de-Thomières et du Saint-Ponais

Mgr Henri de Bruyères-Chalabre
dernier évêque de Saint-Pons

Le dernier évêque de Saint-Pons, Henri de Bruyère-Chalabre est né en 1731 à Chalabre ; issu d’une famille installé au château de Chalabre lors de la croisade des Albigeois, il est fils de Jean Emeric de Bruyères, baron de Chalabre, et de Marie de Saint-Etienne de Caraman de la Pomarède.


Le château de Chalabre, berceau familial du dernier évêque de Saint-Pons


Henri de Bruyères-Chalabre est nommé à l’évêché de Saint-Pons par brevet royal du 25 décembre 1769 et sacré à Paris le 22 avril 1770 ; il succède au très contesté Mgr de Guénet «d’un caractère difficile ». Le 1er août 1770, l’évêque fait son entrée à Saint-Pons, où il est reçu par les consuls qui avaient envoyé en grande pompe une délégation à Pardailhan, pour l’accueillir.

Son épiscopat s’écoule tranquille et paisible au château de Saint-Chinian, où il séjourne en permanence, évitant Saint-Pons «ville épiscopale de triste séjour » et au climat plus rigoureux.
Il est même membre de la loge maçonnique «La Liberté» de Saint-Chinian, où il cotoit la bourgeoisie de la ville et la petite noblesse (Thomas-François de Treil de Pardailhan, par exemple).

Le bilan du dernier évêque de Saint-Pons est relativement limité et il délègue le plus souvent son autorité à son grand-vicaire, l’archidiacre Treil de Pardailhan. Mgr de Chalabre s’est toutefois intéressé à l’enseignement dans son diocèse, en réglementant le collège de Saint-Pons.

Blason de Mgr Henri de Bruyères-Chalabre, évêque de Saint-Pons


L’évêque est également seigneur de Saint-Pons, La Salvetat , Riols et La Bastide (le domaine seigneurial de l’évêque couvre près d’un quart du diocèse de Saint-Pons)
Lors de la Révolution, il se range parmi les éléments conservateurs du clergé de la sénéchaussée de Béziers, et quitte avec les autres évêques l’assemblée du clergé qu’il juge trop réformatrice.


Le 19 avril 1790, Mgr de Bruyères-Chalabre accepte de bénir le drapeau de la garde nationale de Saint-Chinian. Mais le premier juillet il quitte le château de Saint-Chinian et son diocèse de Saint-Pons, pour s’exiler plus tard en Angleterre, où il décède au début de 1795.

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