Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

Les seigneurs et châtelains d'Autricourt

Du Moyen-Age, l'histoire d'Autricourt est fort absente; quelques titres du 9.siècle en font seuls mention. Les habitants de ce lieu étaient gens de main-morte, c'est à dire étaient privés du droit de tester quand ils n'avaient pas d'enfants.

Un château-fort flanqué de nombreuses tours, entouré de larges fossés, avec pont-levis pouvait contenir une nombreuse garnison.
A dater de la deuxième moitié du douzième siècle, quelques noms échappés à l'oubli viennent jeter ça et là une lueur sur l'histoire de ce pays qui désormais va se confondre avec l'histoire du château.


Le château d'Autricourt et ses douves

C'est d'abord Jehan d'Anglure qui fut seigneur d' Autricourt en partie en 1176. Il prit part à la 3ème Croisade; c'est de lui que les historiens rapportent un fait touchant de fidélité à la foi jurée.

Fait prisonnier par le Sultan Saladin Soudan d'Egypte, il lui demanda l'autorisation de rentrer en France pour y chercher le prix de sa rançon, ce qui lui fut accordé. Rentré dans ses domaines, la légende rapporte qu'il trouva sa femme a la veille de se remarier avec un seigneur voisin et se fit reconnaître par une alliance dont il avait conservé la moitié. Ce seigneur étant alors possesseur de la terre d' Autricourt et de celle de Jours; les écrivains qui ont relaté ce fait qui est absolument certain en lui-même ne se rapportent pas sur le lieu où le mariage devait être célébré. N'ayant pas recueilli la somme suffisante pour se racheter il retourna vers Saladin qui admirant sa fidélité à la parole donnée lui quitta sa rançon et le renvoya à la charge de porter ses armes à fond d'or semé de croissants de gueules et de grelots d'argent, et de ce fait donner le nom de Saladin à tous les enfants mâles qui descendraient de lui (1191).

De gueules à trois écussons d'argent.
Jean-Baptiste Rietstap - Armorial général 2e Edition 1887, Tome II page 246. Robert Silvae – Armorial Général
Armoiries de la famille de Mont-Saint-Jean

Viennent ensuite dans le courant du 13ème siècle : Pierre de Mont-St-Jean, seigneur de Charnée (1222); Pierre d'Autricourt, abbé d'Auberive, Jean d'Autricourt, bienfaiteur des Templiers d'Epailly; Guillaume de Tanlay qui en 1299 céda à Robert, duc de Bourgogne, tous les fiefs et tous les droits de la Justice Haute et Basse d'Autricourt.


Philippe Le Hardi, duc de Bourgogne

En mars 1397, le duc Philippe le Hardi remis cette seigneurie à Guichard de Saint-Seine son maître d'hôtel. Nous la trouvons ensuite entre les mains du sire de Blamont (1409) ; puis des seigneurs de Grancey-en-Montagne.

Enfin après 1477 , date de la réunion de la Bourgogne à la France, elle fut acquise par le seigneur Jehan de Rupt qui la possédait encore en 1536.

Ce seigneur passa un traité avec frère Jean de Martigny, abbé et frère Jehan de Chaumont de l'abbaye de Clairvaux déterminant les limites de la seigneurie, limites qui sont encore actuellement celles du territoire de la commune; les droits de pâturage des manants et habitants d'Autricourt dans la forêt Lambert et rappelant que le dit Jehan de Rupt avait droit de haute, moyenne et basse justice. Par cet acte il était interdit aux habitants de toucher au bois et d'en emporter la moindre partie sans l'autorisation des religieux propriétaires; il stipulait que les contrevenants seraient punis par des amendes dont le produit servirait à l'entretien de l'église de Clairvaux (titres déposés aux archives de la mairie).

D'azur à la bande d'or, accompagnée de sept 
croix fleuronnées au pied fiché du même, 4 en chef et 3 en pointe.  Jean-Baptiste Rietstap - Armorial général 
2e Edition 1887, Tome II page 635. Robert Silvae – Armorial Général.
Armoiries de la famille de Rupt

A partir de 1536, de nombreux titres authentiques, contenus dans les archives du château permettent d'indiquer les dates précises de tous les seigneurs d'Autricourt jusqu'à 1792.

- 24 mai 1536 - Vente par Jehan de Rupt et Béatrice de Pontarlier sa femme des seigneuries d'Autricourt et de Riel à :
- Saladin d'Anglure et Jeanne d'Autry; ils eurent pour fils:
- Valeran d'Anglure qui épousa Guillemette d'Avergoult et mourut le 10 décembre 1571 ; ils eurent pour fils:
- 1587, Josias d'Anglure: ce seigneur ayant pris parti pour la Ligue ainsi que plusieurs autres voisins de Châtillon, Henri IV envoya le maréchal de Saulx- Tavannes pour faire le siège de leurs château. Celui d'Autricourt fut su nombre de ceux que l'armée royale occupa en 1596. A la suite de ce siège, de nombreuses modifications y furent apportées. C'est alors que sa première enceinte du disparaître, que le pont levis fut remplacé par un pont de pierre et que les murailles qui entouraient la cour principale furent rasés.

Bibliothèque Royale de Belgique – Manuscrit 15625-56. 
Armorial de Gelre. (1370) et  Robert Silvae – Armorial Général
Armoiries de la famille d'Anglure

- Gaspard d'Anglure en 1642. Il épousa dans l'année 1643 dame Catherine de Savigny qui à la mort de son époux en 1645 et par transaction avec ses deux fils Charles et Claude d'Anglure héritiers de leur père devint en 1650 seule propriétaire de la seigneurie d'Autricourt.

Losangé d'or et de sable.
Jean-Baptiste Rietstap - Armorial général 2e Edition 1887, Tome II page 70. Robert Silvae – Armorial Général
Armoiries de la famille de Ligniville

- Catherine de Savigny épousa le 5 septembre 1657 Pierre de Sommière, comte de Ligniville, elle eut de ce mariage deux fils Jean-Jacques et Daniel, dont l'aîné:
- Jean-Jacques de Ligniville vendit sa seigneurie le 3 novembre 1698 à:

- Messire Jean-Baptiste Le Moyne et son épouse Anne de Mareillac qui la léguèrent par testament en 1717 à:
- Charles Louis Le Valois, comte de Murçay

D'azur au chevron d'or, accompagné de trois croissants d'argent; au chef du même,
 chargé de trois roses de gueules. 
Jean-Baptiste Rietstap - Armorial général 2e Edition 1887, Tome II page 972. Robert Silvae – Armorial Général
Armoiries de la famille Le Valois de Murçay

- Sa soeur Angélique Madeleine Le Valois de Murçay en hérite et épouse:

- Louis Pierre Nolasque Félix de Berton des Balbes, marquis de Crillon, descendant de la famille du brave Crillon, ami de Henri IV

D'or à cinq cotices d'azur Jean-Baptiste Rietstap - Armorial général 2e Edition 1884, 
Tome I page 185. Robert Silvae – Armorial Général
Armoiries de la famille de Balbes de Crillon

Louis Pierre Nolasque Félix de Berton des Balbes eut pour héritiers :
- François Félix Dorothée Berton des Balbes, comte de Crillon et Louis Gabriel, marquis de Very, par indivis. Ils vendirent la seigneurie d'Autricourt en 1784 :

- Nicolas Sylvain Gabriel, vicomte de Gaucours qui lui-même en 1792 la revendit à Thomas de Pange.

château d'Autricourt
Chapelle et donjon du château d'Autricourt

- En 1794, Jacques-Alexandre Gauthier de Vinfrais racheta à Thomas de Pange la terre d' Autricourt; A sa mort en 1809, elle passa aux mains de son fils Louis Anne Gauthier de Vinfrais qui la posséda [avec sa soeur la baronne Charlotte de Treil de Pardailhan, née de Vinfrais].
De 1818 à 1830, il fut porte-arquebuse de Louis XVIII et de Charles X. Il transmit cette terre à son neveu le baron Alexandre de Treil de Pardailhan.

De gueules à la bande d'or, chargée d'une treille fruitée au naturel.
Alphonse Brémond - Nobiliaire toulousain. Inventaire général des titres probants de noblesse et de dignités 
nobiliaires (1863). Robert Silvae – Armorial Général
Armoiries de la famille de Treil de Pardailhan

[Pendant près de deux siècles, le château d'Autricourt resta propriété de la famille de Treil de Pardailhan]

d'après Joseph CAILLOT, instituteur (1888)

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