Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

Le chapitre cathédral de Saint-Pons-de-Thomières en 1789 :
Une affaire de famille(s) !

A la veille de la Révolution, les 14 chanoines et l’archidiacre du chapitre cathédral de Saint-Pons sont en majorité issus des familles nobles ou bourgeoises de la région:
La famille Treil de Pardailhan, par ailleurs vaguement apparentée avec l’évêque Mgr Bruyères-Chalabre, est bien représentée par l’archidiacre et deux chanoines . Les Seguin des Hons comptent trois chanoines . Les deux familles forment près de la moitié des effectifs du chapitre et se succèdent d’oncle à neveu !

Le chapitre compose les privilégiés du clergé du diocèse de Saint-Pons, avec des revenus de près de 6000 livres pour l’archidiacre, et près de 2500 livres pour les chanoines.

Lors de la préparation des Etats-Généraux, en mars 1789, à Béziers, le chapitre de Saint-Pons, représenté par son archidiacre défend les idées conservatrices ; tous les membres du chapitre seront prêtres réfractaires en refusant le serment à la constitution civile du clergé.



La cathédrale de Saint-Pons, où siègent les chanoines


L'archidiacre :

Jean-Antoine de Treil de Pardailhan

à Olargues en 1714,
Docteur en Sorbonne
Vicaire épiscopal de Mgr de Bruyères-Chalabre.

Prëtre réfractaire à la Révolution,
Vicaire-général de l'évêque de Montpellier après le Concordat de 1801.

Les 14 chanoines :

Etienne de Bène de Barre

Fils d’Etienne de Bène, seigneur de Barre et de Gos, lieutenant-colonel au régiment de Castres, et de Renée-Gabrielle de Gléon de Durban.
Natif de Barre (Monts de Lacaune)

Son titre lui est expédié par l’évêque Mgr de Guénet le 23 décembre 1760 .
Il est décédé le 11 octobre 1789 au presbytère du Soulié qu'il desservait depuis 54 ans ; Jean-Joseph Tarbouriech, curé de Cessenon lui succède pendant quelques mois.

Pierre-Joseph Annibal de Michelet

à Saint-Pons, en 1756, de la famille de Michelet, notable du Minervois, habitant Le Bouys (près de Minerve).

Il succède à son oncle Pierre-Alexandre de Michelet en 1782.
Emigré au Portugal pendant la Révolution, il rentre à Saint-Pons vers 1802; il devient vicaire de l'ancienne cathédrale. Il décède en 1811.

Jacques Delpy de Saint-Geyrat

Originaire du Perigord, fils de Guillaume Delpy, seigneur de Saint-Geyrac (ou Saint-Geyrat), il est né vers 1749.
Il est installé chanoine en 1765. Il devient par la suite vicaire général du diocèse de Saint-Pons.

Il obtient en janvier 1789 la commende de l'abbaye de Saint-Chinian, dont il est privé par la Révolution. Sous l'Empire, puis pendant la Restauration, il est secrétaire de la chancellerie de l'Université. Il décède à Paris, le 4 mai 1826.

Magloire Treil de Pardailhan

en 1764, fils du baron François Treil de Pardailhan et Jeanne Ragon.

Il succède à l’âge de 16 ans, en 1782 à son frère, Alexandre qui devient garde du corps du roi ! ce dernier avait lui-même succédé à leur oncle Joseph Treil d’Ornac. L’archidiacre Jean-Antoine Treil de Pardailhan est également leur oncle.
Magloire décède à Saint-Pons le 31 mars 1794.

Henri Godefroy de Seguin des Hons

D'une famille noble d'Anglès, propriétaire du château de Malbosc, il est le 24 mai 1739, il succède à son frère Paul-Guillaume vers 1765 .

Il est décédé au château de Malbosc le 14 février 1821

Louis-Gilles Pichon

Originaire d’Avranches, il décède le 1er août 1789 ,
Lui succède : Jean-Marie Falcou

Charles-Denis Godefroy de Seguin des Hons

Chanoine à partir de 1770

Jean-Pierre Joseph Delecouls

Né à Albi en 1732, fils de Jean-Pierre Delecouls et Agathe Treil de Pardailhan, il est neveu de l’archidiacre, cousin germain du chanoine Magloire Treil de Pardailhan.
En 1757, il succède à son oncle devenu archidiacre ; il est tour à tour syndic, official et vicaire général.
Son propre frère Jean Pons Delecouls dit l'abbé de Levizac est le vicaire général de l'évêque de Saint-Omer , frère de l'évêque de Saint-Pons.
Il émigre en Suisse pendant la Révolution.
Il est décédé à Albi le 15 juillet 1800.

Jean-Pierre Falcou

Originaire d’Aigues-Vives, docteur en théologie,
Chanoine à partir de 1765,
Oncle du chanoine Jean-Marie Falcou.

Paul Massip

à Saint-Chinian en 1732, docteur en théologie, curé de cette ville en 1775,
Chanoine à partir de 1786, jusqu’en 1789
Lui succède Pierre-Antoine- François Roques en 1790, lui aussi de Saint-Chinian.

Charles Ambroise Meslin de Grandpierre

Originaire de Normandie,
né le 6 septembre 1747 à Bailly-en-Rivière (Seine-Maritime), fils d'Antoine Grandpierre, menuisier, et de Marie Magdeleine Landot, originaires du même village,
aurait fait ses études au Collège Louis le Grand à Paris, diacre au diocèse de Rouen,
condamné à la déportation pendant la Révolution, considéré comme émigré.

Jean-Antoine Cusson

Originaire de Carcassonne, d'une famille de négociant,
Chanoine à partir de 1771.
Il semble avoir émigré en Espagne de 1793 à 1800. Il s'installe dans la région de Carcassonne à son retour.

Jacques Louis David de Séguin des Hons

le 30 octobre 1760 à Castres. Il est d’abord élève au collège royal de Sorrèze. Il est installé chanoine de Saint-Pons en 1782, syndic du chapitre en 1789.
En 1786, il est licencié en théologie, et on lui confère la prêtrise.

Prêtre réfractaire pendant la Révolution, il se réfugie sur le plateau du Somail, près de Malbosc (propriété familiale), puis est exilé en Espagne. A son retour, il occupe la petite cure de Cadix, dans le Tarn, puis celle de Saint-Pons-de-Thomières. Il y demeure jusqu'en 1819 et devient vicaire général de Mgr Fournier, évêque de Montpellier. Il passe ensuite à l'archevêché d'Albi, toujours avec le titre de vicaire général jusqu'en 1825. Il devient alors évêque de Troyes jusqu'à sa mort, survenue en 1842.

Honoré de Foucaud

Fils de Pierre de Foucaud de Braconnac, baron de Saint-Juéry et sénéchal de Castres,
Docteur en Sorbonne, Chanoine à partir de 1741, aumônier en 1783, doyen du chapitre à la Révolution,
Prieur de St Jacques de Brusque (diocèse de Vabres).
(Son frère Bernard de Foucaud succède en 1771 à son père en devenant le dernier sénéchal de Castres)

Sous la Terreur, en 1794, il est détenu dans la maison de réclusion de Castres. En mai 1795, il déclare "faire sa résidence chez le citoyen Lafont à Olonzac et qu'il voudrait exercer son culte dans la maison de la veuve Cachulet". Menacé d'arrestation, il se cache au début de 1796 et on perd sa trace.

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