Saint-Pons-de-Thomières et le Pays Saint-Ponais
Histoire et patrimoine de l'ouest du département de l'Hérault

La seigneurie d'Aigues-Vives, en Minervois

La seigneurie d'Aigues-Vives, dans le Minervois est confisquée lors de la croisade des Albigeois, et rattachée au domaine royal. Le village prend alors le nom d'Ayguesvives-le-Roy.
Toutefois, au cours des siècles la seigneurie est concédée pour des périodes plus ou moins longues à des particuliers.

Ainsi, en 1254, Saint-Louis donne, au dernier vicomte de Minerve un assignat de 50 livres, à prendre notamment sur les revenus des vignes d'Aigues-Vives ( et sur les seigneuries d'Aigne et La Caunette).

En 1284, le roi échange ses droits sur Aigues-Vives, avec ceux de Guillaume Audoin sur la seigneurie d'Anglès. L'acte donne l'autorisation d'"édifier une maison ou un château" à Aigues-Vives et précise les limites du terroir, "qui confronte d'autan avec le terroir d'Agel, de cers, avec le terroir d'Aignan [Aigne], de midi avec le terroir d'Aignan et le terroir de Cas, sive Saint-Jean-de-Cas [Mailhac], d'aquilon avec le terroir de Pardailhan et de La Caunette".

Aigues-Vives
Aigues-Vives, sur la carte de Cassini

A partir de cette époque la seigneurie d'Aigues-Vives est scindée en deux : une partie composée des droits seigneuriaux et des droits de haute-justice, qui appartient au domaine royal, et une autre partie comprenant le château, le four banal et certains droits seigneuriaux, qui est détenue par des seigneurs particuliers.

Ainsi, en 1372, le co-seigneurie d'Aigues-Vives est partagée entre trois seigneurs : Pelfort de Rabastens, au nom de sa femme; Géraud de Pépieux; et Pierre Garimbert.
En 1389, Bernard d'Hautpoul, au nom de sa femme Canayen de Pépieux, fait hommage pour un fief à Aigues-Vives; en 1398, il doit passer un accord avec les habitants, concernant le four banal.

Au milieu du 16ème siècle, la famille Beauxhostes parvient, après plusieurs transactions, à réunir l'ensemble de la seigneurie entre ses mains.
Ainsi, en 1543, Les frères Simon et Pierre de Beauxhostes achètent la part de la seigneurie appartenant au domaine royal et en deviennent le seigneur engagiste.
En 1565 et 1566, ils réunissent par deux achats l'autre moitié de la seigneurie, et acquièrent ainsi le château. Simon de Beauxhostes, et ses descendants, s'intitulent seigneur d'Aigues-Vives, tandis que son frère Pierre, et ses descendants sont seigneurs d'Agel, formant les deux principales branches de cette famille.

Aigues-Vives
Les héritiers de Jean-Jules, petit-fils de Simon de Beauxhostes, sur le compoix d'Aigues-Vives

Toutefois, quelques décennies plus tard, en 1608, les habitants d'Aigues-Vives cherchent à s'affranchir de la tutelle de la famille Beauxhostes, en rachetant la part de la seigneurie, ayant dépendu du domaine royal et vendue en 1543.
Il s'ensuit de longues procédures entre la communauté villageoise et les Beauxhostes. En 1615, la Parlement de Toulouse confirme les droits seigneuriaux des Beauxhostes, et la vente aux habitants de la part de la seigneurie, détenue au nom du roi. Mais en surenchérissant sur le prix de cette vente, les Beauxhostes parviennent encore à la conserver dix années supplémentaires. C'est finalement en 1627, que la communauté villageoise en est mise en possession, après une nouvelle surenchère. Les consuls procèdent au dénombrement des droits seigneuriaux en 1631.

Aigues-Vives (Hérault)
Le village d'Aigues-Vives, au début du 20ème siècle

Dix ans plus tard, en 1641, la communauté villageoise fait don de la seigneurie à l'évêque de Saint-Pons, Mgr Jean-Jacques de Fleyres. Cette transaction vise probablement à s'assurer la protection de la communauté villageoise, tout en conservant les avantages de l'achat de la seigneurie : les droits seigneuriaux à payer à l'évêque sont dérisoires, les habitants gardent la propriété des vaccants communaux.
Au décès de Mgr de Fleyres, son successeur Mgr de Percin de Montgaillard devient, à son tour, seigneur d'Aigues-Vives. En 1680, les commissaires chargés de la gestion du domaine royal cherchent, en vain, à réunir la seigneurie aux propriétés du roi. Toutefois, Mgr De Percin de Montgaillard semble être, dans les dernières décennies de l'Ancien Régime, le dernier évêque de Saint-Pons à être seigneur d'Aigues-Vives.

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