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L'abbaye de Saint-Chinian
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L'abbaye de Saint-Chinian est fondée en 826, suivant une charte
accordée par l'empereur Louis le Pieux. Le monastère, installé sur la rive droite du Vernazobres, dans un lieu nommé Holotian, est dédié à Saint-Agnan et donne son nom, devenu "Saint-Chinian", à la bourgade qui se développe à proximité. Contrairement à une erreur tenace , il n'a jamais existé de monastère de Saint-Laurent !
![]() Le vallon du Vernazobres L'abbaye médiévale, probablement entourée d'une enceinte circulaire la séparant du village, n'a laissé aucun vestige. L'abbaye reste relativement prospère jusqu'au 11ème siècle, et reçoit de nombreux dons. Ses possessions comprennent alors, au delà de Saint-Chinian, les salins de Capestang, des terres et masages dans le Biterrois et le Narbonnais. Les églises situées à proximité dépendent du monastère, comme par exemple Saint-Celse, Notre-Dame de la Barthe, Notre-Dame-de-Nazareth, et un peu plus loin, Saint-Martin de Cébazan.
![]() Le site de Notre-Dame-de-Nazareth, dépendant de l'abbaye
Au début du 12ème siècle, la situation matérielle du monastère se dégrade, à la suite de
spoliations (peut-être perpétrées par les Trencavel, ou d'autres féodaux).
L'archevêque de Narbonne indique que
"des hommes pervers avaient dépouillé l'abbaye de ses possessions et l'avaient réduite à une condition
[difficile]"; pour cette raison, il décide, par une chartre datée de 1102, de placer l'abbaye
de Saint-Chinian
sous l'autorité de celle de
Saint-Pons.
Au début du 14ème siècle, alors que Saint-Pons est devenu le siège d'un nouveau diocèse, l'abbaye de Saint-Chinian retrouve son indépendance pour une courte période. Trente ans plus tard, en 1365, le monastère est à nouveau mis sous tutelle et soumis à l'autorité de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille.
L'histoire locale a retenu le nom de l'abbé Renaud de Valon, qui accorde en 1465 une charte
établissant de
nombreux droits aux habitants de Saint-Chinian.
Durant les Guerres de Religion, l'abbaye est mis à sac à deux reprises par les troupes protestantes.
L'abbaye est lentement restaurée, à partir de 1620, après son adhésion à la Congrégation de Saint-Maur,
réformant l'ordre des Bénédictins. L'abbaye voit à cette époque son autorité définitivement remise en question. Les religieux qui revendiquent en vain des droits seigneuriaux, perdent leur procès face aux habitants. Le monastère, qui a le titre de prieur de l'église paroissiale du bourg, doit faire face au curé, qui affirme son indépendance (notamment l'abbé Paul Massip, dernier curé sous l'Ancien Régime). L'abbaye de Saint-Chinian disparaît à la Révolution, lors de la dissolution des ordres monastiques. Son dernier abbé est Jean Delpy de Saint-Geyrat, chanoine du chapitre de Saint-Pons, et vicaire de Mgr Bruyères-Chalabre, évêque de Saint-Pons.
Les bâtiments du monastère sont vendus comme biens nationaux et achetés par deux manufacturiers de drap. ![]() Le cloitre restauré de l'abbaye En 2002, les bâtiments de l'ancienne abbaye sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Entre 2002 et 2005, ils sont restaurés avec soin; une construction moderne, la médiathèque, remplace l'aile est, détruite au 19ème siècle (ancien dortoir des moines et salle capitulaire). |
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